Imprimer la page Retour

WebForm
Il est important de bien protéger la végétation avant les prochaines pluies. Les interventions de retaille ou de fertilisation spécifique sont déconseillées. Voici une note technique faisant le point sur ce sujet.
Que faire après la grêle ?
11/06/2014

Suite aux épisodes de grêle survenus ce weekend, des dégâts importants sont observés dans plusieurs secteurs du vignoble.

Nous relevons deux épisodes de grêle :
  • dans la nuit du 7 au 8 juin 2014 : secteur Sud Charente
  • dans la nuit du 8 au 9 juin 2014 : couloir de 1 à 3 km de large, allant du sud-ouest au nord-est du vignoble, de St Dizant du Gua à Aigre.

La taille des grêlons et la durée des épisodes de grêle ont provoqué des dégâts considérables.

Les parcelles sont touchées à des degrés divers, jusqu’à la destruction totale de la végétation au cœur du couloir de grêle.

Par ailleurs le vent lui-même a cassé de nombreux sarments, surtout sur les parcelles qui n’étaient pas encore relevées.

Première conséquence : perte de récolte en 2014

La première conséquence sera une perte de récolte en 2014. Le niveau de perte dépendra des dégâts subis, mais aussi des facultés de la vigne à redémarrer sur des yeux non débourrés (yeux sourds et contre-boutons) et à compenser la disparition d’une partie des grappes par un grossissement des grappes épargnées. Il est impossible de prévoir l’importance de ce rattrapage.


Deuxième conséquence : taille l'hiver prochain

La deuxième conséquence concerne la taille de l’hiver prochain. Le choix des bois sera plus délicat que pour les parcelles indemnes. Les tailles à coursons devront obligatoirement être pratiquées dans certaines situations. Il est possible que la qualité des bois soit insuffisante pour garantir une production normale en 2015.

Que faire après la grêle ? Traitements phytosanitaires

Les nouvelles pousses sortant après la grêle sont particulièrement sensibles aux maladies cryptogamiques. Actuellement une période sèche est annoncée. Le renouvellement devra intervenir en fin de rémanence, après la sortie de jeunes feuilles et à l’annonce des pluies.
L’effet « cicatrisant » du cuivre n’a jamais été prouvé. De plus le cuivre est déconseillé en période de floraison et a tendance à freiner la pousse.

La vigne possède une faible capacité de cicatrisation. Les plaies sècheront d’autant plus vite que le temps sera chaud et sec.


Interventions concernant la taille

Une question se pose : faut-il faire tomber les pousses partiellement endommagées pour favoriser le départ des yeux non débourrés ?

Des essais conduits en 2009 (BNIC, Chambre d’Agriculture de la Charente) avaient montré que la retaille* favorisait surtout le départ de gourmands sur les bras et les troncs et retardait le redémarrage de la végétation. Elle accentue l’aspect buissonnant des ceps et engendre de nombreuses plaies de taille directement sur le tronc l’hiver suivant. Il semble préférable de conserver le maximum de végétation restant après la grêle pour un redémarrage le plus rapide possible. Cette opération n’est donc pas conseillée sur des vignes en production.

Cas des jeunes plantations :
  • Vigne en 1ère feuille :
    Les 1ères pousses ont été atteintes, les jeunes plants vont repartir les prochains jours. Attendre et observer.
  • Vigne en 2ème feuille :
    Il est probable qu’une année soit perdue. Rabattre maintenant à quelques centimètres pour stimuler les départs des bourgeons de la base. Dans ce cas, vous perdrez une année pour l’établissement des pieds mais vous repartirez sur des bois indemnes l’hiver prochain.
  • Vigne en 3ème feuille :
    Observer l’état du brin monté au fil l’an passé et destiné à former le tronc :
  • pousse abîmée : rabattre à 2 yeux au-dessus de la soudure
  • pousse peu abîmée : ne rien faire

* Retaille : coupe des lattes pour ne laisser que deux yeux de la base ou coupe des sarments abîmés.

Fumure et apports foliaires

Un apport supplémentaire d’azote au sol n’est pas justifié. D’une part cet azote ne sera pas encore disponible lors du redémarrage des yeux. D’autre part, par la suite, il pourrait accentuer des risques de pourriture et retarder encore plus un cycle qui sera déjà plus long, le temps que la vigne redémarre (risque de gelées d’automne, etc…).

A notre connaissance aucun essai n’a montré l’intérêt d’apports foliaires dans ce genre de situation.



Cette note est également disponible sur les site des Chambres d'Agriculture de la Charente et Charente-Maritime

Contact, renseignements
Vincent DUMOT
BNIC
+33 (0)5 45 35 61 21
vdumot@bnic.fr


 

Imprimer la page Retour