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Dans le contexte d’un accord-cadre signé en 2015, entre les professionnels de la filière Cognac (BNIC), l’Agence de l’eau Adour-Garonne et les services de l’État (1) pour améliorer la qualité des eaux de Charente et de Charente-Maritime, la filière Cognac présente un bilan très positif. En effet, plus de 30 millions d’euros ont été investis en trois ans par les viticulteurs et les distillateurs de Charente et de Charente-Maritime, et plus de 720 dossiers d’aide ont été traités. Avec 80 % de traitement des effluents organiques, les objectifs ont été atteints. Fort de ce bilan, l’opération partenariale est reconduite pour un an supplémentaire.
La protection de la ressource en eau : un enjeu majeur pour la filière Cognac
06/08/2019

© Stéphane CHARBEAU
© Stéphane CHARBEAU
En matière d’environnement, l’appellation Cognac oeuvre, depuis de nombreuses années, pour préserver son terroir et ses ressources naturelles. En 2016, la démarche collective de viticulture durable a été lancée, permettant une forte accélération de la mobilisation. Cette démarche consiste à partager et à développer les bonnes pratiques dans notre vignoble. Elle a permis d’engager et d’accompagner, à date, plus de 1 900 viticulteurs dans une démarche de progrès continu, allant jusqu’à une certification environnementale collective combinant la norme HVE (Haute Valeur Environnementale) et des critères spécifiques aux exigences de la filière Cognac :
  • Protéger la qualité des eaux en maîtrisant l’usage des phytosanitaires, des fertilisants et en gérant les effluents vitivinicoles et de distillerie ;
  • Réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et réduire la dérive via la pulvérisation confinée ;
  • Réduire le désherbage chimique et développer l’entretien mécanique des sols. Deux mesures agroenvironnementales ont été récemment inscrites au cahier des charges pour limiter l’utilisation du désherbage chimique, avec pour objectif à l’horizon 2025, de réduire de 50 % l’utilisation des herbicides ;
  • Développer les relations avec les riverains.

Dans ce cadre, le dispositif d’accord-cadre a été un vrai levier financier pour accompagner les viticulteurs vers la protection de la ressource en eau.
La protection de la ressource en eau : un enjeu majeur pour la filière Cognac Si la protection de la ressource en eau est devenue pour le législateur, comme pour le citoyen, une préoccupation prioritaire, elle l’est tout autant pour l’activité vitivinicole de la filière Cognac. La collecte et le traitement
des effluents générés par cette activité demeurent des enjeux forts pour la filière, afin de limiter l’impact environnemental. À ce titre, la gestion des effluents organiques de chai et de distillerie, ainsi que le traitement des effluents phytosanitaires, sont réglementés. Ils relèvent à la fois de dispositions d’ordre général relatives à l’interdiction de tout rejet pouvant nuire à la faune et à la flore (Loi sur l’eau du 03 janvier 1992, Code de l’environnement et Code de la santé publique). Ils relèvent également de dispositions plus spécifiques afférentes à la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), ainsi que de l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation de produits phytosanitaires. Au niveau européen, la Directive Cadre sur l’Eau a fixé, à tous les États membres, des objectifs de bon état écologique de l’ensemble de leurs masses d’eau. Ce sont des objectifs de résultat que les états doivent respecter. Le bassin Adour-Garonne s’est engagé à atteindre un bon état de ses masses d’eau. Dans ce contexte, la filière Cognac s’inscrit depuis plusieurs années dans le respect de l’environnement et, notamment, de la qualité de la ressource en eau.
Une stratégie collective Un partenariat visant à restaurer la qualité des eaux et la gestion des milieux aquatiques sur le bassin de la Charente a été lancé pour aider les viticulteurs et distillateurs de l’AOC Cognac. Trois ans après, le bilan est positif et les objectifs sont atteints. Signé en juillet 2015, l’accord-cadre définissait une stratégie collective pour que l’ensemble des exploitations du vignoble de Cognac soient aux normes vis-à-vis de la gestion de leurs effluents viticoles, de chai et de distillerie.
Ce dispositif a permis l’obtention d’aides financières à hauteur de 60 % des investissements, selon les modalités. En effet, avec les aides de l’Agence de l’eau, de la Région Nouvelle-Aquitaine et du FEADER (2) :
  • 660 diagnostics d’exploitation ont été réalisés par les partenaires techniques afin d’évaluer les besoins des viticulteurs et des distillateurs et de définir les investissements les plus pertinents ;
  • 720 dossiers de demande d’aide ont été transmis aux services de l’État par le BNIC pour le compte des viticulteurs, en partenariat avec l’UGVC. Les deux organismes ont également apporté une aide administrative au montage des dossiers ;
  • 310 plans d’épandage des effluents organiques ont été mis en place. Ils prévoient un stockage en amont, permettant de dégrader les effluents organiques sans pollution des eaux de surface et souterraines, et sans accumulation excessive d’éléments dans le sol par la ferti-irrigation ainsi engagée ;
  • 450 aires de lavage de pulvérisateurs ou de machines à vendanger (collectives ou individuelles) ont été financées, visant une gestion maîtrisée des eaux usées et une sécurité d’utilisation accrue pour les utilisateurs ;
  • 200 pulvérisateurs confinés ont été achetés plaçant les Charentes comme un des leaders nationaux en matière d’équipements de pulvérisation plus durables. Ces équipements permettent de réduire la dérive lors des traitements, d’améliorer la récupération des produits et donc de faire des économies à toutes les échelles (environnementale et économique) ;
  • 260 interceps, matériel mécanique alternatif au désherbage chimique des sols, ont été achetés ;
  • 210 systèmes de traitements des effluents phytosanitaires ont été installés aux sièges des exploitations.

L’ensemble des subventions s’élèvent à plus de 14,5 millions d’euros depuis trois ans. L’Agence de l’eau en est le principal financeur, directement ou via le dispositif régional du Plan Végétal Environnement. Les autres financeurs sont la Région et l’Europe. Les taux d’aides aux investissements étant de 40 à 60 %, c’est donc environ le même montant qui a été directement investi par les viticulteurs et les distillateurs charentais représentant près de 650 exploitations concernées par ce dispositif.

L’objectif de l’accord-cadre était de diminuer l’impact de l’ensemble des exploitations vitivinicoles sur les eaux superficielles et souterraines, en traitant le plus possible les différents effluents organiques et phytosanitaires. Cet objectif, avec 80 % de traitement des effluents organiques (exprimés en hl) et 40 % de traitements des effluents phytosanitaires (exprimés en ha), est atteint sur les deux volets.

Une véritable dynamique de progrès a été ainsi enclenchée en matière de restauration de la qualité des eaux. Les partenaires signataires de l’accord ont, pour cette raison, décidé de prolonger d’un an le programme et mènent une réflexion pour construire un nouveau type d’accord fondé sur une certification environnementale. Les viticulteurs et les distillateurs peuvent donc encore déposer des dossiers (Agence de l’eau) jusqu’au 25 octobre 2019.


(1) Les signataires de l’accord en 2015 : L’Agence de l’eau Adour-Garonne, le Préfet du département de la Charente, le Préfet du département de la Charente-Maritime, le Conseil Départemental de la Charente, le Conseil Départemental de la Charente-Maritime, le Conseil Régional de Poitou-Charentes, l’EPTB Fleuve Charente, le SIAH du Né, Charente Eaux, le BNIC, la Chambre d’Agriculture de la Charente, la Chambre d’Agriculture de la Charente-Maritime, le Négoce Agricole Centre Atlantique, Coop de France Poitou-Charentes, le Syndicat Régional des Courtiers en vins et spiritueux, la Fédération des CUMA des Charentes, AgroBio Poitou-Charentes, Charentes Alliance, Coopérative Agricole de la Région de Cognac (CARC).

(2) Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural


Article rédigé par les ingénieurs de la Station viticole du BNIC


Contact, renseignements
Francette GENEAU
BNIC
+33 (0)5 45 35 60 00
fgeneau@bnic.fr
Internet : eauviticharentes.com/

 

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